Manifestation contre le racisme, les discriminations et la violence
à Calais le 6 décembre 2006
en hommage à Malik Oussekine
Le 6 décembre 1986, lors d'une manifestation estudiantine contre le projet de réforme universitaire du ministre Alain Devaquet, un jeune homme français de 22 ans, Malik Oussekine, trouvait la mort après avoir été molesté par la police.
Cet évènement tragique provoqua une vive émotion dans tout le pays, un million de personnes manifestant silencieusement le jour de ses obsèques.
Le 6 décembre prochain marquera le 20ème anniversaire de la disparition de Malik Oussekine.
L'association SALAM a souhaité initier à Calais un rassemblement contre le racisme, les discriminations et la violence en mémoire de Malik Oussekine.
Tous les syndicats, associations et partis politiques qui le souhaitent sont invités à venir discuter des modalités selon lesquelles ce rassemblement pourrait se dérouler au cours d'une réunion qui aura lieu le jeudi 5 octobre 2006 à 19h15 à l'Auberge de Jeunesse de Calais.
Rappel des faits:Affaire Malik Oussekine
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Le 6 décembre 1986, lors d'une manifestation estudiantine contre le projet de réforme universitaire du ministre Alain Devaquet, un jeune homme français de 22 ans, Malik Oussekine, étudiant à l'École supérieure des professions immobilières (ESPI) trouve la mort après avoir été molesté par la police.
Contexte :
Depuis le 25 novembre, étudiants et lycéens de France manifestaient contre le projet Devaquet. Le mouvement est marqué par une forte répression policière. De graves affrontements ont lieu en marge des manifestations, faisant des dizaines de blessés dont plusieurs gravement atteint.
Le 6 décembre 1986, après une manifestation pacifique, des étudiants occupent la Sorbonne. L'Université est évacuée dans le calme, mais quelques étudiants tentent d'élever une barricade à l'angle de la rue Monsieur-le-Prince et de la rue Vaugirard dans le VIe arrondissement de Paris. Immédiatement, une équipe de voltigeurs motocyclistes est envoyée sur place. Les voltigeurs sont des policiers montés à deux sur une moto tout terrain. L'un conduit, l'autre est armé d'une matraque. Ils ont comme objectif de « nettoyer » les rues après les manifestations. Ils se déplacent rapidement grâce à leurs motos, de ce fait, ils doivent surprendre et effrayer les « casseurs ».
Les faits
En arrivant dans le Quartier latin, les voltigeurs prennent en chasse les jeunes présumés « casseurs » qu'ils croisent. Malik Oussekine, selon toute vraisemblance étranger au mouvement étudiant, sort de son club de jazz favori. Il est minuit. Des voltigeurs le remarquent et se lancent à sa poursuite. Malik Oussekine court, il croise un homme qui rentre chez lui. L'homme, Paul Bayzelon, fonctionnaire des finances, laisse l'étudiant rentrer dans le hall de son immeuble. Ce dernier se croit à l'abri mais pas pour longtemps. Les policiers qui l'ont suivi rentrent à leur tour. Selon M. Bayzelon, seul témoin du drame, les voltigeurs « se sont précipités sur le type réfugié au fond et l'ont frappé avec une violence incroyable. Il est tombé, ils ont continué à frapper à coups de matraque et de pieds dans le ventre et dans le dos. »1. Peu après le Samu arrive sur place. Ils apportent les premiers soins à Malik Oussekine et le transportent à l'hôpital Cochin où il décède. Selon les médecins, l'étudiant meurt autant des suites du passage à tabac par la police que de sa déficience rénale (inconnue des médecins urgentistes). Le ministre de l'Intérieur Charles Pasqua et son secrétaire d'État, Robert Pandraud, choquent alors l'opinion en ne condamnant pas l'action de la police ce soir-là.
Suites
En apprenant la nouvelle le ministre délégué chargé de la recherche et de l'enseignement supérieur, Alain Devaquet politiquement déjà fragilisé, décide de démissionner. En outre, cette mort et les importantes manifestations contraignent le Premier ministre, Jacques Chirac à retirer le projet Devaquet, le 8 décembre. En réponse à cette affaire le bataillon des voltigeurs sera dissout.
Malik Oussekine est enterré au Cimetière du Père-Lachaise à Paris. Le 10 décembre 1986, une série de manifestations silencieuses, qui rassemble 400 000 personnes à Paris et un million dans toute la France, lui rend hommage.
Les deux voltigeurs directement impliqués dans sa mort passeront en jugement sous inculpation de « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Ils furent condamnés le 28 janvier 1990 à deux et cinq ans de prison avec sursis. En interne, leur administration se contenta de mesures disciplinaires plus légères. L'un, âgé de 53 ans au moment des faits, fut mis en retraite anticipée ; le deuxième fut muté.
[1]« Il y a dix ans, Malik Oussekine était matraqué à mort », Pierre Agudo, L'Humanité du 6 décembre 1996